Tous co-responsables de la qualité de nos relations

Ecrit par Véronique Boussac

Publié le 16 mai 2017

La qualité de nos relations avec les autres n’est pas due au hasard. Nous sommes co-responsables de la relation.

Autrement dit, la qualité ou les difficultés que nous vivons au cours de nos échanges sont autant de notre responsabilité que de celle de notre interlocuteur.

J’aurais aimé vous dire que c’est la faute de l’autre mais non je regrette, je ne peux pas. 

En quoi sommes-nous responsables ?

Selon l’analyse transactionnelle, la relation aux autres est cristallisée dans une position de vie. Une position de vie reflète la valeur que l’on s’accorde à soi même et la valeur que l’on accorde aux autres. Les positions de vie sont intimement liées à nos croyances, notre culture (familiale, sociale, spirituelle), à nos expériences et nos interactions passées.

Etre ok +, c’est être en accord avec soi, s’accepter, considérer que l’on a de l’importance, se sentir autonome et responsable. Être ok –, c’est le contraire, c’est considérer que nous avons moins de valeur que l’autre.

qualité de nos relations

 

Une position de vie est donc faite de deux composantes :

La première indique la perception que j’ai de ma propre valeur (valeur positive « OK+ » ; valeur négative « OK -»).

La seconde indique la perception que j’ai de la valeur du monde et des autres, et qui s’exprime également sous la forme d’ « OK+ » ou « OK -».

Pour comprendre la manière dont nous interagissons avec l’autre, il est intéressant d’identifier les quatre positions de vie :

  • Je suis ok / vous êtes ok (+/+),
  • Je ne suis pas ok / vous êtes ok (-/+)
  • Je suis ok / vous n’êtes pas ok (+/-)
  • Je ne suis pas ok / vous n’êtes pas ok (-/-) 

Je suis OK, vous êtes OK

Je reconnais que j’ai de la valeur, et que les autres aussi. Cette position favorise une communication basée sur la confiance en soi et en l’autre. La communication peut alors être fluide et aboutir à la réalisation d’objectifs communs. Si nous ne sommes pas d’accord avec notre interlocuteur, nous respectons néanmoins son point de vue. Nous ne nous sentons pas agressé(e)s personnellement. Nous allons trouver un compromis et nous ne rompons pas la relation. En utilisant cette position, je renforce ma croyance que moi et les autres sommes OK.

Exemple : « Je vous propose de réfléchir à une autre manière de procéder. Qu’en pensez vous ? »

Je ne suis pas OK, vous êtes OK

Je n’ai pas confiance en moi et en mes capacités, je doute de ma valeur, et je laisse le pouvoir aux autres de décider et de juger à ma place. Cette position engendre une difficulté dans la communication dans le sens où, ne nous sentant pas capable d’assumer la situation telle que nous nous la représentons, nous nous mettons en retrait selon des stratégies variables et personnelles. En fuyant la situation, je vais renforcer ma croyance de ne pas être OK. J’éprouve souvent un sentiment d’admiration pour les autres, de culpabilité, de honte, de peur ou de tristesse. Je fuis souvent les problèmes. J’ai tendance à minimiser mes succès.

Exemple : « Vous pourriez peut-être essayer de faire autrement la prochaine fois ».

Je suis OK, vous n’êtes pas OK

Je ne crois qu’en ma propre valeur. Les autres ont besoin de moi pour les guider, les aider ou les protéger. J’adopte volontiers une attitude d’agressivité, de domination ou d’arrogance et me montre souvent critique et méprisante(e).

Cette position tend à créer une relation de type gagnant/perdant ou encore dominant/dominé qui aboutira à une impasse dans la communication en disqualifiant la contribution de l’autre. Cette position est une position défensive.

Exemple : « Ce n’est pas en procédant de cette manière que vous allez y arriver ».

Je ne suis pas OK, vous n’êtes pas OK

Cette position correspond à un état émotionnel proche de la déprime. Elle nous fait agir impulsivement et sans réfléchir, renforçant ainsi le sentiment d’échec et la position pas OK pour soi et les autres. Cette position de vie m’empêche d’envisager toute solution aux problèmes ou toute forme de relation ou d’action constructives. La confiance en est absente de manière générale, et les sentiments et attitudes les plus présents sont ceux de la résignation, de la tristesse, du cynisme, de l’agressivité voire de la violence.

Exemple : « Quoi que que l’on fasse, ça ne va jamais »

 

qualité de nos relations

 

Notre position de vie « colore » l’échange

A la vue de cela, vous comprenez maintenant en quoi nous sommes responsables. Effectivement, notre position de vie « colore » l’échange.

L’intérêt de connaitre les positions de vie est double :

  • A la fois se situer soi ;
  • Et aussi se situer par rapport à l’autre : « est ce que je considère l’autre comme étant « ok » ou « pas ok ». ?

L’intérêt de connaître les positions de vie est de comprendre nos difficultés relationnelles. Lorsque de telles difficultés persistent, c’est qu’il se joue des relations « pas ok » comme : Je+ Tu- ; Je- TU+ ; Je- Tu-.

Les positions de vie sont fluctuantes et évoluent en fonction des diverses situations interactionnelles que l’on vit. Chacun va passer régulièrement par les quatre positions en fonction de la représentation qu’il/elle se fera d’une situation. Il est normal de passer par les quatre positions et donc inutile de vouloir à tout prix maintenir la position Je+Tu+.

Cependant, la prise de conscience de la position de vie que nous utilisons et qu’utilisent nos interlocuteurs nous aide à mieux comprendre les interactions en cours et à les modifier peu à peu. Nous pouvons ainsi progressivement apprendre à utiliser davantage la position de vie Je+Tu+

 

Lors de nos sessions de formation, nous utilisons fréquemment ce concept des positions de vie de l’analyse transactionnelle pour permettre à nos participants de prendre conscience de leur co-responsabilité dans la relation. La pratique sur des cas concrets génère des déclics pour agir de façon adaptée et satisfaisante.

Venez tester avec nous ces méthodes, en vous inscrivant à un de nos stages de communication ou de management !