Les compliments : à consommer sans modération !

Ecrit par Barbara Buffet

Publié le 01 avril 2019

Que ce soit en formations management ou sur d’autres thématiques de développement personnel, le sujet des compliments est fréquemment abordé, soit de manière formelle, soit au travers d’échanges entre les participants.

Le compliment : une possible source de malaise

Il suscite souvent des réactions émotionnelles bien plus fortes que lorsque nous traitons de la critique, du recadrage, des conflits, sujets qui sont a priori plus sensibles. Ils sont gênés car ils aimeraient avoir des retours positifs beaucoup plus fréquemment et en même temps ils sont mal à l’aise lorsqu’ils reçoivent un compliment.

Parmi les raisons évoquées reviennent fréquemment :

  • La gêne de ne pas savoir quoi répondre, par manque d’habitude aussi, car la plupart d’entre nous avons reçu plus de critiques que de compliments
  • Le sentiment de ne pas mériter le compliment (certains répondent d’ailleurs spontanément : « Je n’ai fait que mon travail »)
  • La pression de devoir être à la hauteur en toutes circonstances, pour toute la vie !
  • La crainte que ce compliment ne soit pas sincère et prononcé dans le but d’obtenir quelque chose (ce qui serait une flatterie plutôt qu’un compliment)
  • Et le plus souvent les participants disent qu’ils écoutent à peine le compliment car ils attendent le « mais » suivi de la critique qui arrive la plupart du temps juste derrière !

Les collaborateurs peuvent être rassurés : ils ont du temps devant eux pour se préparer à l’accueil des compliments. Car bien que les managers soient formés entre autres à donner des signes de reconnaissance, il subsiste des croyances telles que « si je complimente, félicite voire même remercie mon collaborateur, il va en profiter pour me demander une augmentation – ou alors il va se reposer sur ses lauriers et arrêter de travailler. Sans oublier qu’un travail bien fait, c’est normal !

La sincérité, la spontanéité, les faits et la gratuité !

Faire un compliment consiste à reconnaître une qualité chez une personne et le lui dire.

Les 4 critères d’un compliment digne de ce nom sont :

  • La sincérité : Je ne me force pas à complimenter quelqu’un, même en réponse à un compliment que je reçois
  • La spontanéité : Je formule le compliment quand j’ai envie de souligner une qualité, un comportement que j’apprécie chez mon interlocuteur. J’évite d’attendre l’entretien annuel de début d’année pour dire « en janvier dernier, j’ai apprécié ta réactivité sur le projet A, tu as su prendre des décisions rapides et efficaces». Vous me direz, c’est mieux que rien (j’entends plus d’exemples sur ce qui a été mal fait il y a un an …), sauf qu’un an après, ça n’a pas le même impact positif sur l’estime de soi d’un collaborateur, compliment qui pouvait aussi booster sa motivation
  • S’appuyer sur un élément factuel : Les faits n’étant pas opposables, même si la personne qui reçoit le compliment n’ avait pas conscience de cette qualité ou ne la jugeait pas elle-même importante, elle le recevra mieux que si elle entend « tu es génial(e) », « tu as assuré grave ! », qui sont des phrases trop vagues et peuvent relever de la flatterie. Ces exemples entrent dans la catégorie des signes de reconnaissance positifs inconditionnels, que je recommande d’utiliser plutôt dans le cercle privé.
  • La gratuité : Lorsque j’émets un compliment, je n’attends rien en retour. Si je souhaite que quelqu’un fasse quelque chose, je formule une demande directe et j’appuie éventuellement cette demande sur un compliment. Par exemple : « Je viens te voir pour te demander si tu serais d’accord pour prendre en charge la gestion du projet B. J’ai vraiment apprécié ta réactivité dans la gestion du projet A et estime que tu as les compétences, qu’en penses-tu ? ».

A quand remonte votre dernier compliment ? Quel sera votre prochain compliment et à qui ?