En quoi vos interventions en public manquent-elles de relief ?

Ecrit par Christian Chanoine

Publié le 16 janvier 2017

Les interventions en public sont des exercices difficiles, parfois redoutés par de nombreux collaborateurs de l’entreprise.

Disons le tout net : Vous êtes considéré(e) par votre entourage comme un(e) expert(e) dans votre métier. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on vous demande de faire des interventions en public qu’il soit interne ou externe à l’entreprise.

Avec beaucoup de professionnalisme vous vous préparez pour ne pas prendre le risque d’improviser un discours le jour « j » et c’est précisément là, durant cette phase de préparation, que vous allez tomber dans un piège…

Interventions en public : quels sont les pièges à éviter

 

interventions en public

De quel piège parlons-nous ? Celui qui consiste à s’enfermer dans son expertise métier et à préparer une intervention qui, le jour « j », manquera à coup sûr de relief.

Prenons deux exemples :

  • Vous travaillez au sein d’une Direction des Systèmes d’Information. Vous allez préparer et développer face à votre auditoire un langage d’informaticien
  • Vous travaillez au sein d’une Direction Administrative et Financière, vous allez vous exprimer en langage de comptable

Ainsi vous restez dans votre champ lexical habituel et votre intervention devient au fil des minutes monochrome. On entend par champ lexical un ensemble de noms, d’adjectifs et de verbes appartenant à une même catégorie syntaxique.

Alors pourquoi ne pas enrichir votre discours de quelques figures de style qui vous permettront de :

  • Mieux vous faire comprendre
  • Capter l’attention de votre public

 » Oublier de se préparer c’est se préparer à être oublié »

 

interventions en public

 

A l’image d’un plat qui mériterait d’être relevé avec deux ou trois gouttes de Tabasco, votre intervention pourrait s’appuyer sur une métaphore comme celle que nous venons d’employer. Elle consiste à implanter une image dans l’esprit des personnes qui vous écoutent.

A moins que vous ne versiez dans l’analogie qui va, quant à elle, vous permettre de rehausser votre message en comparant deux univers qui n’ont aucun rapport l’un l’autre. Ne dit-on pas à l’oral que l’introduction et la conclusion sont comme le décollage et l’atterrissage d’un avion ? Ce sont les passages les plus délicats.

Vous êtes quelqu’un de consciencieux lorsque vous préparez une intervention car vous avez en tête cette maxime : « Oublier de se préparer c’est se préparer à être oublié »…

Et que penser de la citation lorsqu’elle permet avec une pointe de culture d’appuyer votre message. Il en existe quelques milliers, plus belles les unes que les autres comme celle de Sénèque au sujet de la fixation de l’objectif de votre intervention : « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. »…

Il en existe une autre que j’affectionne tout particulièrement : la parabole autrement appelée story telling qui signifie littéralement « action de raconter une histoire ».

Pour illustrer le talent d’un coach j’ai plaisir à raconter l’histoire du capitaine d’un cargo qui au moment de mettre les moteurs en route se vit informé par son machiniste que les moteurs étaient en panne… Dans l’impasse il fit appel à un mécanicien local qui après avoir déambulé dans la salle des machines pendant un certain temps sortit un marteau pour frapper un coup à un endroit précis et, comme par miracle, les machines se remirent en route… Le capitaine fort heureux de ce dénouement lui demanda une facture sur laquelle il vit marqué 1.000 $. « Pour un coup de marteau c’est fort cher ! » s’exclama-t-il. Et le mécanicien local de lui dire : « Pour le coup de marteau 1$. Pour savoir où et comment frapper 999 $ ! ». Voilà la plus value d’un coach. Son art de l’écoute et du questionnement sont en quelque sorte ses marteaux…

Quelles autres figures de style pouvons-nous utiliser ?

 

interventions en public

 

L’anaphore est à coup sûr une belle idée pour marteler votre message principal. Un homme politique en a abusé lors du débat télévisé d’un entre-deux tours à l’occasion d’une précédente élection présidentielle : « Moi président je… ». Ça vous dit quelque chose ? L’anaphore consiste à répéter un même mot ou un même groupe de mots au début ou à la fin de ses phrases.

Et que penser de cet autre homme politique qui avait un langage imagé et défendait l’idée que la France se vide de son sang industriel…

De façon simple mais toujours efficace l’exemple a cette vertu pédagogique qui permet de se faire comprendre immédiatement lorsque l’on aborde un sujet technique. C’est aussi le propos de ce « post ».

Autre figure de style, l’oxymore qui vise à rapprocher deux termes (un nom et un adjectif) que leurs sens devraient éloigner dans une formule en apparence contradictoire. « Cette petite grande âme venait de s’envoler » (Victor Hugo à propos de la mort de Gavroche dans Les Misérables).

Et pour conclure avec un dicton : « il faut savoir garder raison », votre challenge consistera à ne pas tomber dans un autre piège… Celui d’abuser de ces figures de style en une seule intervention au risque que le relief de votre discours soit trop accidenté…

Alors êtes-vous prêt(e) à créer le relief de vos futures interventions orales ?

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