Sur le terrain ou dans l’entreprise : Évaluez le fonctionnement de votre équipe pour éviter la déroute !

Ecrit par Philippe Grosjean

Publié le 28 mars 2017

Pour tous les amateurs du PSG, cette soirée du 8 mars 2017 au Camp Nou de Barcelone restera un véritable cauchemar !

Au delà des commentaires avisés, des explications données et des émotions procurées par un tel match, quel regard et quel diagnostic porter sur l’efficacité d’une équipe ? A l’analyse, chez PILOTIS c’est ce bon vieux schéma de Bales qui nous revient en tête !

 

Les conditions de réussite d’une équipe au travail

 

Psychosociologue américain, Robert F. Bales est un des plus grands spécialistes de la dynamique de groupe.
Le schéma de Bales permet d’identifier les principales conditions de réussite d’une équipe.

Six conditions à minima doivent être analysées pour porter un regard éclairé sur le fonctionnement de l’équipe et établir un bon diagnostic :

1. Le projet d’entreprise en termes d’ambition, de valeurs et d’objectifs à atteindre est-il accessible, lisible et suffisamment clair pour être partagé par tous les membres de l’équipe ?

2. Les règles du jeu sont-elles définies et acceptées de tous ? Les comportements professionnels sont-ils appliqués de façon optimale ?

3. La circulation de l’information et de la communication est-elle suffisamment fluide ?

4. Les fonctions, les rôles et les responsabilités sont-ils définis et connus de tous ?

5. Les leaders sont-ils identifiés et reconnus par tous les membres de l’équipe ?

6. Le climat et l’ambiance favorisent-ils la cohésion et la coopération entre les membres de l’équipe ?

 

La lecture du schéma de Bales, et indépendamment des phénomènes extérieurs qui viennent faire pression sur l’équipe (un stade en folie, des erreurs d’arbitrage…) peut nous donner quelques clés pour comprendre la défaite parisienne face à Barcelone.

 

1. Un projet qui semble ignorer l’histoire et le passé du Paris Saint Germain Football Club !
Entendre dire que le club n’existait pas avant l’arrivée du Qatar !
La différence avec le Barça est énorme dont la devise « Més que un club », « Plus qu’un club » résume l’histoire et l’existence même de ce club !
Pour devenir une référence, le PSG doit bâtir un projet dans une logique collective.
Un projet fort et visible permettant de dépasser les enjeux et les intérêts individuels !

2. Des règles du jeu mal énoncées et des comportements défaillants !
L’application des règles du jeu est un élément essentiel de la réussite de l’équipe !
Le principe d’exemplarité est une condition de la performance : crédibilité par les performances et crédibilité par le comportement !
Ne pas sanctionner de tels comportements est irresponsable !

3. Une communication mal maîtrisée, des allers et retours en matière d’information pour dire tout et son contraire !
Un entraîneur confirmé puis démis de ses fonctions à distance !
Où est le respect de la parole donnée ? Quelle crédibilité et quelle confiance peut-on accorder aux discours de ces dirigeants ?

4. Des responsabilités et des rôles mal définis au sein du staff technique !
Un entraîneur gesticulant au bord du terrain dont on a du mal à cerner le programme de jeu !
Des conflits ouverts entre dirigeants qui posent question et qui s’étalent à la une de notre plus grand quotidien sportif ! Chacun joue sa carte dans une bataille d’égo, que l’on peut comprendre, mais qui n’érige pas la coopération en modèle !
Un organigramme confus qui pousse les joueurs à jouer à « saute mouton » pour être au plus près du président ! Qui fait quoi ? Qui est responsable de quoi ? Qui délègue quoi ? Qui contractualise quoi ?

5. Des leaders fantômes ! Sur le terrain et en dehors du terrain !
Des leaders à la communication policée, sans GNAC, ni sentiment de révolte !
Bon là, comme dirait un célèbre chroniqueur sportif, on refait le match !
Des leaders techniques et des leaders relationnels sont les éléments clés de la réussite et de l’efficacité d’une équipe.
Que les anciens guerriers du PSG nous reviennent en mémoire ! On ne rêvait pas plus grand mais nous avions des combattants et les soirs de défaites étaient moins amers parce qu’il y avait eu un combat !

6. Enfin, un déséquilibre marquant en matière de coopération, d’échanges et de générosité !
Les plus forts donnent le ton !
On ne joue plus pour une équipe mais pour un joueur qui concentre toutes les attentions !
Pour un buteur qui se veut être une légende !
Si les éléments compétitifs sont fondamentaux, la coopération et le sens du sacrifice sont les symboles des grandes équipes !

 

Ce naufrage en Catalogne aura eu le mérite de ce billet d’humeur et nous aura permis de revisiter ce bon vieux schéma de Bales que nous développons dans nos séminaires sur les fondamentaux du management chez PILOTIS et chez CENTORIDEP.

Grille de lecture à la clé, à vous de faire l’exercice sur votre propre équipe !