Mettre des mots sur sa souffrance au travail (part 2)

Ecrit par Grégory Benoit

Publié le 21 mai 2019

Le brown-out : « Je ne suis pas en accord avec mon entreprise »

Plus inconscient, le brown-out traduit le manque de motivation d’une personne à cause de l’inutilité de son travail, le fait que sa production ne serve à rien (ou semble selon elle inefficace). Autre cause : le fait que l’entreprise lui demande des tâches contraires à son éthique, à ses propres valeurs. Dans ce second cas, la personne peut ressentir des tensions internes énormes puisqu’il lui faut choisir entre respecter ce que lui demande l’entreprise, et ses propres convictions ou croyances. Cela crée un malaise profond qui suscite de nombreuses interrogations jusqu’à se demander : « Suis-je toujours à ma place ? ».

 

De nombreux managers me disent : « Comment je fais pour convaincre mes équipes de ce changement d’organisation alors que moi-même, je ne le comprends pas ? ».

La multiplication de ces situations peut entraîner à terme le brown-out.
Autre situation personnellement vécue : Je n’étais pas en accord avec la sanction infligée à un de mes collaborateurs. L’entreprise m’a demandé de licencier ce collaborateur alors qu’un avertissement officiel aurait été adapté selon moi. L’injustice que j’ai ressentie m’a fait réfléchir et m’a conduit à une réorientation professionnelle.

Le blur-out : « Je n‘arrive pas à décrocher du boulot »

Moins connu et plus récent, néanmoins insidieux, le blur-out, correspond à la difficulté croissante de séparer la vie professionnelle et la vie personnelle.

Certains participants sont toujours en attente des dernières nouvelles, impatients de savoir ce qu’il s’est passé. Cela peut même devenir un manque pendant les vacances.

Cette façon permanente de « switcher » de vie est encore plus marquée lorsque nous sommes dans ce que j’appelle « notre vie dans les transports » (en commun ou dans les embouteillages) et génère de la confusion.

Pendant leur temps de télétravail, certains collaborateurs n’arrivent plus à s’arrêter, tellement accaparés par leur travail.

Ce mixage entre vie pro et vie perso plaît à de nombreux collaborateurs qui y voient une nouvelle forme de liberté. Cela nécessite de savoir le gérer, le doser pour éviter les excès liés au blur-out.

Cette sensation d’addiction au travail, voire de dépendance d’être toujours à jour, d’avoir tout terminé, s’appelle aussi être « workaholic ».

Il est important de se rappeler que, malgré leur souffrance, la conscience professionnelle de ces salariés est au zénith. S’ils se mettent dans un de ces quatre états, c’est dû à leur envie de bien faire les choses dans leur entreprise, ce qui reste très positif.

Le problème, c’est que cela se retourne contre eux et ce sont eux qui craquent en premier.

Ces quatre dérives ont dans tous les cas un impact négatif sur la motivation et l’efficacité au travail.

Restons vigilants par rapport à ces maux identifiés et connus !

Heureusement, il existe de nombreuses solutions pour chacun d’eux. Ce sera l’objet d’un troisième post prochainement…

Au plaisir de vos commentaires sur cet article !