Développer son intelligence émotionnelle pour améliorer ses relations de travail, son bien-être et son efficacité

Ecrit par Barbara Buffet

Publié le 26 juin 2018

Il est aujourd’hui reconnu que maîtriser les compétences de l’intelligence émotionnelle permet d’améliorer significativement ses relations de travail, son bien-être et son efficacité. La littérature sur le sujet est de plus en plus riche, écrite par des experts en psychologie, sciences, neurosciences, etc.
Lors de nos formations en développement personnel, nous constatons que :
  • Peu de personnes connaissent les grandes familles d’émotions
  • De nombreux participants considèrent encore que l’entreprise n’est pas le lieu pour exprimer ses émotions
  • Il existe beaucoup de croyances limitantes sur cette thématique : « Seules les personnes faibles expriment leurs émotions », « Ce n’est pas bien d’être en colère », « Exprimer ses émotions, c’est se plaindre » …

Nous ressentons tout le temps des émotions

Or, nous ressentons des émotions environ 90% du temps, sans en avoir forcément conscience. Voici quelques exemples de situations classiques en entreprise qui peuvent provoquer des émotions :
  • Vous vous êtes beaucoup investi(e) sur un projet et vous apprenez que finalement il ne verra pas le jour ;
  • Vous restez au bureau plus tard que d’habitude plusieurs soirs d’affilée pour des travaux urgents de dernière minute ;
  • Lors d’une réunion, votre collègue vous interrompt et critique votre présentation alors que vous étiez d’accord.
Choisissons de décrypter cette dernière situation – mon collègue qui m’interrompt et critique ma présentation en réunion – selon 2 scenarii :
  • Je ne m’appuie pas sur mon intelligence émotionnelle ;
  • Je fais preuve d’intelligence émotionnelle.
Et regardons ce qu’il est susceptible de se passer !
Dans le scenario numéro 1, lorsque mon collègue me coupe la parole et critique ma présentation, je ne dis rien, je me sens mal et nul(le) vis à vis des participants car j’ai été repris(e) par mon collègue. Mais je n’approfondis pas mon ressenti. En voix off je me dis « il m’a trahi(e) », « il m’a fait passer pour un(e) idiot(e) ? » ou encore « Ça ne se fait pas », et il est fort probable que je nourrisse de la rancœur à son égard. Après la réunion et les jours qui suivent, je ne dis toujours rien et je n’ai plus confiance en cette personne. Ma rancœur, elle, est toujours présente. Le fait de ne pas être à l’écoute de ce qui s’est passé pour moi émotionnellement pendant cette situation m’empêche d’agir de manière constructive et comporte plusieurs risques : que la situation se reproduise et que j’explose (réaction agressive), que la relation se détériore, que je me « débrouille » pour ne plus travailler avec cette personne et que je reste avec ma rancœur !
Dans le scenario numéro 2, je fais preuve d’intelligence émotionnelle : Je suis à l‘écoute de ce qu’il se passe en moi, je prends le temps d’identifier l’émotion / les émotions (ici pour ma part ce serait un mélange de surprise et de colère), puis de comprendre. Comprendre, cela veut dire être capable de faire le lien entre l’émotion ressentie et ce qui a favorisé son déclenchement. Généralement, lorsque nous ressentons une émotion désagréable, nous avons tendance à focaliser sur l’évènement déclencheur de cette émotion et à justifier ensuite et entretenir notre émotion avec nos suppositions et interprétations (Par exemple : « Ça ne se fait pas d’interrompre et de critiquer devant tout le monde » ; « non seulement mon collègue m’a trahi(e) mais en plus, il veut certainement me « piquer » mon poste » ; « c’est de sa faute », etc.).

Une émotion indique un besoin à satisfaire

 

Ici il s’agit d’un besoin de compréhension lié à la surprise, et d’un besoin de changement ou de réparation lié à la colère. En prenant un peu de recul, je peux réaliser que mon collègue a simplement manifesté son désaccord, qu’il n’avait pas nécessairement une mauvaise intention et que ce n’était pas une critique mais une remarque inappropriée. Ainsi le sentiment d’avoir subi un préjudice, d’être trahi(e) va disparaître et je pourrai exprimer mon besoin de changement en étant constructif(ve) : « Pour les prochaines réunions, je te propose de me tenir informé(e) de ta position en amont, afin que nous parlions d’une seule voix ».

Lorsque je clarifie mes besoins, je peux agir de manière adaptée : Me préparer à échanger avec mon collègue pour faire évoluer la situation, choisir le moment opportun pour lui comme pour moi, accepter d’entendre des paroles parfois difficiles, réguler et gérer les émotions désagréables qui peuvent émerger de part et d’autre lors de l’échange. Ceci au service de l’efficacité (Si l’échange est constructif, les rôles seront clairement définis pour les prochaines réunions) et d’une relation de confiance.
Parfois mon analyse me conduira à ne rien dire à la personne car je sais par expérience qu’elle ne modifiera pas son comportement. En ayant pris conscience de mon émotion et du besoin à satisfaire, je pourrai changer de posture et avoir des relations et des résultats plus satisfaisants.
écoute

Nous avons tout à gagner à écouter et comprendre nos émotions

Nous avons donc tout à gagner à écouter puis comprendre nos émotions pour en faire des alliées et s’appuyer sur notre intelligence émotionnelle dans les situations délicates du quotidien. Près de 50% des individus ont des difficultés à identifier ce qu’ils ressentent exactement. C’est la première étape, il s’agira ensuite de s’entraîner à comprendre, exprimer, réguler et utiliser à bon escient nos émotions et celles des autres, pour nous permettre de :
  • Développer notre ouverture d’esprit, grâce à la compréhension de nos émotions et de celles des autres. Ceci afin de travailler avec des interlocuteurs très différents et de devenir plus créatifs sur les solutions possibles pour chaque problématique.
  • Prendre du recul plus facilement et plus rapidement, grâce à l’intégration du processus émotionnel (déclencheur / réactions physiologiques / comportement réactif / pensées et croyances associées / identification de l’émotion). Pour agir ensuite !
  • Mieux gérer nos relations et nos objectifs, donc aller vers du mieux-être !
  • Evacuer plus vite les émotions désagréables (bien que très utiles) et retrouver l’émotion agréable que notre cerveau limbique –  celui des émotions – tente de maintenir en nous : la joie. Celle qui accroît notre énergie, notre motivation, notre confiance en nous et en les autres.
Nous avons créé une formation opérationnelle de 2 jours qui s’appuie à la fois sur des techniques corporelles et mentales, de l’introspection, du partage de bonnes pratiques, des mises en situation concrètes basées sur des outils de gestion et d’expression des émotions. Contactez-nous pour en savoir plus !